La cité de Madelgarde se distingue par une aura envoûtante, empreinte d'une étrangeté quasi surnaturelle. Le firmament y est continuellement nappé de nuances rosées, oscillant entre une délicate teinte de rose pâle et les profondeurs d'un fuchsia éclatant, conférant ainsi une atmosphère idéale pour les épousailles des jeunes couples venus des lointaines Contrées d'Izuvis.
D'après les récits ancestraux qui se murmurent au sein de la ville, cette luminescence ensorcelante trouverait son origine dans la dépouille sacrée de Narthithris, la redoutée dragonne du crépuscule, dont les écailles, iridescentes et éternellement scintillantes, continueraient d'irradier une clarté rosée. Une telle lumière, disent certains, n’est pas sans rappeler les flamboiements du crépuscule d’antan de la Danse des Flammes, lorsque le monde se parait des ultimes reflets du jour mourant.
Ainsi, à la tombée du jour, lorsque les premières étoiles timidement s'annoncent, Madelgarde s'illumine d'une lueur irréelle, conférant à ses lampadaires et à ses tours de verre une apparence fantomatique, presque éthérée. Les habitants, habitués à ce spectacle saisissant, prétendent que la dragonne veille encore sur la ville, son souffle autrefois ardent s'étant mué en une douce brise rosée qui caresse les rêves de ceux qui se laissent porter par les murmures du crépuscule. Les nouveaux mariés, qui choisissent ce lieu enchanteur pour sceller leur union, croient que la bénédiction de Narthithris leur confère une éternité de bonheur et d'amour, à l'image de la lumière indélébile qui baigne cette cité à jamais sous le signe du crépuscule.